Vous parler de Moi.

J’ai commencé cet article pour vous parler de Lui. Papabio. Le fameux homme, non pas de ma vie (quoique s’il m’offre un jour un enfant, il ne pourra pas nier ce titre, peut-être le partager avec un autre, j’espère, mais jamais oublier qu’il m’a offert en 1er le bonheur d’être maman). Vous noterez que je parle au futur, et non pas au conditionnel, pour me convaincre peut-être, pour y croire profondément surtout.

Mais après ce 1er paragraphe, je me suis rendue compte que vous parler de lui, c’est impossible, sans vous parler de moi avant. Non pas que je sois nombriliste ou narcissique mais impossible de vous parler de lui sans vous expliquer l’avant lui.

Si je n’ai pas parlé de lui avant, ce n’est pas pour rien. C’est que je ne sais pas comment vous le présenter. Déjà, j’ai eu beaucoup de mal à poser des mots sur ma situation. Célibataire, sans enfants mais en telle quête de maternité qu’à 32 ans, c’est ce rôle de maman plus que de femme qui me fait avancer. Bien sur que j’ai envie d’être désirée, désirable, belle, charmeuse, féminine, femme, séductrice, etc. Mais si je devais choisir entre un rôle d’amoureuse et de femme heureuse et un rôle de mère, je choisirais le 2nd. Peut-être parce que je pense en terme de priorité, que je raccroche tout ça au temps qui passe et que je sais qu’une femme peut être heureuse en tant qu’amoureuse jusqu’à sa mort, alors que ce rôle de mère est limité dans le temps, contraint, et particulièrement difficile à atteindre lorsqu’on est confronté à l’infertilité.

Alors mon choix est devenu aveuglant. Au fil du temps, de mes rencontres, de mes déceptions et de cette profonde évidence que le rôle de ma vie passait par la maternité.

Mes histoires d’amour ont été abîmées, oppressées, précipitées vers la fin à cause de ce besoin irrépressible qui m’envahissait. A 31 ans, après une rupture particulièrement difficile et trop de regrets et de souffrance inutile, je me suis (enfin) rendue à l’évidence, être maman était ma priorité, La seule chose qui pouvait me rendre profondément heureuse, celle qui passait avant les amis, la famille, la carrière, les loisirs, les vacances etc.

J’ai été malheureuse souvent, j’ai vécu des histoires douloureuses, la violence, la méchanceté, l’humiliation,  j’ai été heureuse aussi, j’ai eu la chance de faire de belles rencontres, de vivre des moments magiques, de découvrir des endroits magnifiques, etc.

Depuis que j’ai 23 ans, depuis bientôt 10 ans donc, je rêve d’être maman, de tenir mon bébé dans mes bras, de vivre une grossesse épanouie, de choisir un prénom, de découvrir un petit coeur battre lors des échos, de voir grandir mon enfant, d’apprendre à le découvrir, à le connaître, à lui apprendre la tolérance, l’amour, à lire, à écrire, et tellement de choses encore.

Dans chacun des hommes que j’ai pu rencontrer, j’ai voulu voir le père de cette famille nombreuse (3 !) que j’imaginais depuis gamine. Aujourd’hui, je m’imagine maman solo, parce que ce père et amoureux que j’imaginais tant, je n’ai pas eu la chance de le rencontrer, ou pas la clairvoyance de le trouver. Peut-être que j’ai voulu tout idéaliser, tout rendre parfait et finalement, je me retrouve seule, sans amoureux, avec un projet de bébé que je porte à bout de bras.

Je ne peux pas dire que je suis malheureuse d’être seule aujourd’hui. Je crois encore à ce grand amour, ce prince charmant (même si j’ai bien conscience aussi qu’il ne le sera pas totalement) qui ravira mon cœur, mais je crois et/ou espère que cela pourra arriver après avoir réalisé ce rêve de maternité. Parce que je suis convaincue que je pourrais être bien moins pressée/stressée dans une histoire d’amour sans avoir cette idée obnubilente de grossesse.

Voilà. Voilà qui je suis, pas seulement, mais entre autres choses, ce tout m’imprègne au quotidien et m’empêche souvent de voir la vie autrement. Je ne saurais pas vous expliquer pourquoi et comment ce besoin m’a envahi, je sais simplement, comme beaucoup d’entre vous, que sans la réalisation de ce projet de vie, rien ne pourra me combler totalement.

Je vous parlerais de papabio plus tard, je crois que je ne suis pas encore tout à fait prête, peut-être parce que je ne connais pas encore sa réponse pour la suite de notre aventure. Peut-être aussi que très égoïstement, j’avais besoin de vous parler de moi.

Et j’en profite aussi pour vous remercier, du plus profond du cœur pour ce soutien que vous m’apportez au quotidien. Chacun de vos mots et de vos attentions me comblent et m’aident à avancer. Merci pour tout. Nous ne nous rencontrerons probablement jamais mais je ne pourrais jamais, quoi que l’avenir me réserve, oublier tout ce que vous m’apportez aujourd’hui.

Publicités

27 réflexions sur “Vous parler de Moi.

  1. Que dire de mieux que Lulu… Rien. Tu seras perfect.
    Et puis merci à toi de ces confidences. A chaque phrase sur la maternité priorisée, je disais « evidemment ». Ca me semble tellement logique. J’aurai je pense fait de même. Tu as tout mon soutien et ne faut-il pas jamais dire jamais ?! Evidement aussi je te souhaite le doublon que tu desires ton enfant et l’amour. Et si l’amour ne frappe pas à ta porte tout de suite j’espere qu’il te rencontrera en tant que femme et mère. Bises

    • (…) Merci beaucoup. A défaut de trouver les mots pour vous parler de papabio, j’ai réussi à mettre des mots sur ce qui me consume, ce qui m’habite au quotidien et à en parler simplement. Je sais que chacune d’entre vous ressens ce désir profond et ce besoin inexplicable de porter la vie, c’est tellement dur quand cela ne vient pas… Merci pour tout, bon courage pour toi, ce foutu chiffre 30 et la suite. On se serre les coudes 🙂 des bisous

  2. Tout pareil. Je me suis identifiée à toi dans chaque mots que tu as écrit. C’est tellement évident de prioriser la maternité qui en effet est malheureusement limitée par des facteurs tels que l’infertilité ou simplement l’horloge bio. Tu as toute ta vie pour trouver l’amour, j’espère qu’un merveilleux homme tombera très vite sous le charme de la super maman que tu seras devenue. Et je n’ai aucun doutes là dessus.

  3. Et bien moi ça me plait bien de te découvrir un peu plus et ban sang, qu’est ce que tu feras une chouette maman. Ce besoin vital je connais bien, qu’est-ce que c’est dur quand ça ne vient pas.
    Je te fais plein de bisous, en espérant que bientôt nos rêves se réaliseront…

    • Merci beaucoup ‘tite Zappp. Un besoin vital comme tu l’écris si bien. C’est ça que je trouve tellement dur et injuste. Toutes ces femmes enceintes sans le vouloir, toutes ces femmes qui (je sais ce que je vais écrire est atroce) ne mériteraient pas d’être mères, et nous qui marchons derrière en attendant avec souffrance notre tour. A la réalisation de notre rêve…

    • Merci… Je ne suis pas douée pour parler de moi et de ce que je ressens. Mais ici, je suis plus en confiance, et je sais aussi que même si nous avons toutes des histoires bien différentes, nous sommes chacune habitée par ce désir profond et ces difficultés et que tout ça nous rapproche, alors vous en parler devient plus simple, comme évident. Merci pour le package, la happy box 🙂

  4. Plutôt contente d’en savoir plus sur toi que sur Papabio ! J’aime beaucoup quand tu dis que cette « envie », ce désir si fort te consume. C’est tout à fait ça. J’ai hâte de lire d’autres articles sur toi, tes pensées, ton passé,ton avenir.

    • 🙂 En écrivant ces mots, j’exprime vraiment ce qu’il y a au plus profond, et je pensais aussi à chacune d’entre vous. C’est ce besoin si fort qui nous rapproche et nous permet de nous comprendre les unes les autres. Je ne suis pas sure de parler trop de mon passé, j’ai parfois beaucoup souffert, et encore aujourd’hui, quand j’évoque certains moments, j’en fait des cauchemars la nuit. Mais c’est aussi une forme de thérapie alors peut être… Merci beaucoup en tous cas, c’est tellement important de vous savoir si présentes..

  5. Tu es une bien belle personne… J’avais lu, sans prendre le temps de commenter. Mais tu sais quoi? J’aurais probablement fait comme toi à ta place… Et je me rends compte que pour toi, ce parcours est doublement difficile parce que tu vis un double manque: celui de l’enfant et celui de l’homme qui saurait t’épauler à chaque instant. J’espère qu’ici, dans cette blogosphère remplie d’amour, tu trouves un peu ce soutien dont l’absence doit parfois être cruellement pesante. Plein de bisous.

    • Merci beaucoup. Ton message est (vraiment) très touchant. C’est vrai que la situation est loin d’être toujours évidente. Même si je suis plutôt indépendante, il n’en reste pas moins que j’ai besoin d’aimer et d’être aimée (pas si bête cette chanson !!) Mais j’ai fait ce choix parce qu’il me paraissait une évidence, ce bébé, ce besoin, ce sens que je veux donner à ma vie. Le plus dur je crois c’est maintenant, savoir que c’est le dernier essai à « 2 » et « facile ». Ensuite tout sera plus compliqué et laborieux. Mais j’essaie de tenir, parfois c’est vraiment dur, toujours vous m’accompagniez, me soutenez et m’aidez vraiment à tenir debout.

      • S’il le faut, on sera aussi là pour te porter à bout de bras en cas de besoin !! On est une petite armée de guerrières… niark niark niark
        Bon courage en tout cas, et je souhaite que cette tentative se termine en fanfare…

  6. Merci de nous faire confiance ici et de partager avec nous qui tu es et tes désirs les plus intimes. Ici tu ne seras jamais jugé et toujours épaulé. Saches le. Ce que tu vis est compliqué, tu es à la fois en manque d’amour d’un homme et de celui d’un bébé, ton bébé. Mais la vie ne peux pas oublier une femme comme toi. Si TOI, tu ne peux pas être mère avec ce tel désir qui t’animes, qui peut l’être ?
    Ce combat que tu mènes seule, te conduiras à la victoire ma belle. TA victoire, qu’elle quelle soit.
    Ne t’oublies pas à travers tout ce chemin. N’oublie pas de vivre ton présent, d’exister pour toi même. Ce bébé ne sera que « l’extension » de toi même. Et une maman heureuse fera un bébé heureux… je te souhaite tout pleins de courage, je ne te quitte pas et te compte désormais parmi mes alliés 😉 Mme Patience

    • Ouhlala, heureusement je suis au travail et ne peux pas m’épancher parce que je suis proche des larmes en lisant ton comm. Merci infiniment, ce que tu écris me touche énormément. C’est tellement important d’être soutenue et épaulée par des femmes qui vivent les mêmes souffrances. Même si nos parcours sont différents, même si nous sommes parfois seules, parfois tristes, être ensemble est une force. Je me dis aussi qu’une femme heureuse fera un bébé heureux, faut-il réussir à le faire bien sûr mais j’aime à croire que si les gens retiennent de moi que je suis enjouée, souriante, bien dans ma tête et dans ma vie, mon bébé le sera aussi… J’espère que Dame Nature aura le même point de vue que toi ! Merci encore…

  7. Tu réponds à une question que je me pose depuis longtemps : si j’étais célibataire, est-ce que ce désir si fort m’aurait porté pour faire un bébé seule? Maintenant j’ai la confirmation que oui. Comme toi j’ai un désir de maternité depuis toujours mais surtout depuis mes 21 ans, car c’est à cet âge là que j’ai eu un petit frère. A la maternité j’ai eu un énorme choc : ce bébé pourrait être le mien et mon horloge biologique s’est réveillée, alors que je ne connaissais pas encore le futur papa. C’est très personnel tout ça, être deux permet de concrétiser le projet, mais le désir nait bien en nous et se réveille quand ça le chante.
    Les convictions profondes et le désir ne s’expliquent pas et oui je te le confirme, contrairement à nos ovaires, l’amour n’a pas de date de péremption.
    Avoir des convictions est une chose. Le vrai courage, au delà de les assumer, est de se battre pour elles. On se sens tellement seule dans cette traversée du désert même en étant deux que je n’ose pas imaginer les moments difficiles que tu dois traverser. Je suis à 3000% avec toi et mille bravos pour ton courage. Ne lâche rien!!!!!

    • Je crois que c’est lié à chacune d’entre nous. Pour en avoir déjà discuté avec des copines, certaines n’imaginent pas du tout faire un bébé toute seule et préfère rencontrer un homme sans faire d’enfant par exemple. C’est tôt 21 ans pour un désir de grossesse (23 pour moi). Je pense que tout ça ne s’explique pas en effet, on le ressent, plus ou moins tôt et fort et la vie fait qu’on peut (ou pas) réaliser ce projet à 2, seule… Tu sais, le soutien de chacune d’entre vous ici est magique, il m’aide chaque jour à avancer, à relever la tête et à me donner la force nécessaire… Merci de ton soutien, tes mots me touchent très sincèrement Je ne lâche rien promis ❤

  8. Les tiens me touchent aussi. Cette galère de quête pour être mère fait de beaux cadeaux quand même, parce qu’on fait de belles rencontres.
    Je sais que tu te battras et je compte bien te suivre de près! Maintenant faut que je trouve comment m’abonner ^^
    Quand aux autres tu en trouveras toujours pour juger… Je préfère largement te voir te battre sans regarder derrière toi que te priver pour faire faire les comeres.
    Plein de bisous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s